Mercredi 2 janvier 2008
ELEMENTS DE PROJET - Réunion de travail du 17/10/07

Constats :


On a assisté lors des deux derniers mandats de l'équipe sortante, en matière d'urbanisme et plus généralement de gestion du cadre de vie, à différents effets d'une même politique.
•    Un désintérêt – ou un manque d'appréciation – du patrimoine original de la ville.
•    Un désinvestissement d’une grande partie du centre ville, celui-ci étant livré à une triste dépréciation.
•    Un gaspillage d'espaces naturels aux limites de la ville : lotissement de Bonneau, zone de l'Abattoir, Bd de l'Europe
•    Aucune intervention sur les espaces publics de la ville : Place de la République, Bd Faidherbe, Bd Carnot
•    La mise en place d'un règlement du stationnement fondé sur un arrêté municipal (dont la légalité pourrait être contestée) – particulièrement répressif et peu adapté aux besoins des différents usagers.
•    La sous-occupation des bâtiments publics existants ou créés – Maison des Consuls, Communauté de Communes, MJC, etc…

Il en résulte à la fois un sentiment d'abandon et de dégradation des caractères originaux de la ville et celui d'un étouffement de toutes velléités d'animation sociale et culturelle.

Les parcs et jardins sont enfermés derrière des grillages : Square Bourseuil (sécurité pour les tout-petits) mais aussi du Jardin public (au-dessus de la Place de République).

Les places publiques sont minérales et particulièrement vides :
Place de l'Eglise (quelques arbres, une fontaine (?), peu de stationnement et … un grand vide), Place du Mercadial (idem sans arbre) - celle-ci n'étant pas de la responsabilité de cette équipe mais on parle d'un projet imminent…
La Place de la République reste le grand parking que l'on connaît… avec un espace réservé à la circulation bien supérieur à ce qui serait nécessaire. A noter qu'au moins cinq à six projets ont été commandés, sans qu'aucun n'aboutisse, faute de… volonté politique face aux commerces et riverains. Moyennant quoi cet espace devient chaque jour un peu plus dévalorisant pour l'image touristique de la ville.

La grande affaire a été la mise en œuvre d'un plan de circulation particulièrement contraignant : mise en sens unique de la Rue de la République et du Boulevard circulaire (Carnot – Faidherbe) avec le seul Quai des Récollets pour avoir une chance d'en sortir…


Pour le reste, on a surinvesti :
•    dans la zone de Bonneau (lotissement d'habitations sans règlement architectural)
•    dans la zone de l'Abattoir (Ateliers de découpe, Cuisine centrale et Marché aux veaux). En attendant la Maison du Département (curieusement située à l'écart du bourg pour les personnes âgées et les mères de familles en demande de renseignements sur leurs prestations sociales…)
•    et l'on ne doit qu'au Plan de Prévention du Risque d'Inondation (PPRI) la relative sauvegarde de la zone maraîchère de part et d'autre du Bd de l'Europe… Très belle collection de bâtiments industriels sans toitures…

En termes de stationnement, on ne peut pas dire que des initiatives n'aient pas été tentées pour y apporter un début de solution.
Qu'il s'agisse du terrain aménagé au-dessus du canal entre les bâtiments ex-Calmejane et le magasin de confection Distri-Mode.
Ou de celui du Stade à l'emplacement des établissements Mespoulet.
Ou encore du petit parc à côté de Sport2000, sur le Bd Carnot.
Ce sont quelques places bien venues pour désengorger le centre-ville.
Reste que leurs accès sont malaisés, mal indiqués et peu sécurisés pour le transit des piétons.

Quant aux choix architecturaux, pour ce qui concerne les bâtiments publics récents, on peut dire qu'ils font le pari d'une certaine modernité sans se soucier réellement de leur intégration au contexte particulier du patrimoine local. Que ce soit la Communauté de Communes, la Halle de la Place brûlée, l'ensemble des bâtiments autour de l'Abattoir, voire la Halle de Sports, on ne peut pas dire que les "citations" architecturales du patrimoine local en soient la règle d'or.
Par contre, le bâtiment de la MJC a été laissé à l'abandon depuis trop longtemps pour que sa réhabilitation ne soit aujourd'hui envisageable à un coût sensiblement équivalent à celui d'une reconstruction. Au point qu'il a été envisagé de le détruire… Mais il faut dire qu'il s'agit  là d'un problème tenant à la définition même de la MJC et du projet qu'elle serait censée représenter…
Enfin, la Maison des Consuls, réhabilitée par l'équipe précédente, est un magnifique outil resté sans affectation, sans projet, sous occupé.

Tous ces constats(1) dénotent un manque de projet et/ou une crainte de ceux qui pourraient s'y développer… Ce qui renvoie au projet Culturel que nous serons amenés à définir pour notre part.

Enfin, on ne saurait conclure ce tour d'horizon sans parler du Plan Local d'Urbanisme (PLU) actuellement en cours d'enquête publique. Mais qui en a réellement entendu parler?
Chronologiquement, il faut rappeler que cette démarche a été interrompue par l'épisode du PPRI et par les démêlés que celui-ci a occasionné du fait de sa contestation par le Maire. Au bout de plusieurs enquêtes et contre-expertises, il a enfin été promulgué fin 2005. Le PLU a donc pu reprendre. Mais bien que cette procédure comporte une part de concertation (faisant l'objet d'un budget distinct), on en a très peu entendu parlé et la population n'y a pratiquement pas été associée. Tout juste si les Conseillers municipaux étaient au courant des différentes réunions de travail puis de concertation…
Toujours est il qu’il est en voie d'approbation. Pour en avoir été informé et questionné à son sujet, en tant que professionnel, je dois dire que j'ai rarement vu un Plan Local d'Urbanisme aussi peu ambitieux, aussi peu visionnaire du développement urbain et environnemental d'une ville. Par contre, le laisser-aller qui a donné forme au lotissement de Bonneau est ici corrigé : toutes les pentes de toiture sont définies, les matériaux répertoriés et les initiatives architecturales sérieusement encadrées. Mais les zones de développement ne sont pas esquissées (ni pour les activités, ni pour le logement), tout juste bouchera t'on les trous restants entre les zones actuellement construites.

Des propositions :
Deux axes principaux seront à investir : la revitalisation du centre-ville et le développement des zones périphériques.

Par revitalisation du centre-ville, on entend aussi bien la rénovation du cadre bâti que la mise en valeur des espaces publics.
Une étude urbaine d'ensemble(2) menée en partenariat avec la Société d'Economie Mixte départementale devrait nous aider à dresser un inventaire de l'état d'occupation et de viabilité du bâti existant dont on peut constater qu'il est en mauvais état et très peu occupé, principalement dans le périmètre du tour de ville. De ce constat, il nous reviendra d'établir un plan de rénovation concerté, avec les propriétaires qui devraient être aidés et incités à réhabiliter leur patrimoine, pour mettre en service un parc diversifié de logements, locaux de service et/ou de commerces.
Sur la base d'un tel plan, des financements d'Etat, de la Région, du Département et de quelques organismes maîtres d'ouvrages sociaux (Office d’HLM, ...) peuvent être mobilisés. Il ne s'agit pas de contraindre ou de priver de jouissance qui que ce soit. Il s'agit d'assumer la responsabilité d'une collectivité soucieuse du développement harmonieux de son environnement. Et d'y associer la diversité des propriétaires, en sécurisant leurs investissements garantis par des conventions (logements conventionnés ouvrant droit à l’APL)) et par un engagement réciproque de la collectivité. A ce titre, des services privés (commerces, …) ou publics (…) seront installés en proportion de la densité de population accueillie par l'ensemble de l'opération.

En accompagnement de ces opérations, un gros travail sur les modes de circulation, d'usage et les besoins en espaces sera entrepris de sorte à rénover dans le respect des spécificités urbaines et architecturales de la ville, les espaces publics.
Dans un souci d'une part de commodité et d'autre part d'attractivité, il conviendra de réhabiliter par priorité les principaux boulevards et les places publiques. Pour fluidifier et réduire les nuisances de la circulation, il n'est rien de tel que d'affecter en toute justice, l'espace qui revient à chacun dans la mesure où nous sommes, tous, alternativement : piéton, automobiliste, chaland de zone commerçante, ayant besoin d'un stationnement ou d'un espace social et de convivialité urbaine.

Le développement des zones périphériques
Il est évident qu'une ville moderne se doit d'envisager son développement. Et celui-ci doit être compris dans le contexte de son environnement non seulement spatial mais aussi en relation avec son bassin de vie.
Le développement périphérique étant ce qui ne peut plus trouver d'espace à l'intérieur et qui doit donc, en relation avec le centre-ville, concourir à son accroissement. Non pas comme une verrue, un corps étranger, sans relation avec celui-ci, mais en harmonie, en prolongement et en correspondance avec lui. En somme, prolonger la ville par la ville. Faire ville au-delà de son acception actuelle.

C'est généralement, aujourd'hui, la traversée d'une zone industrielle et commerciale qui nous signale que nous approchons d'une ville. Zone dépareillée, aux signes criards et uniformément répartis sur le territoire, vouée à la seule circulation automobile, c'est un no man' land banalisé.
Est-ce pour autant rédhibitoire et la collectivité n'y a t'elle aucune marge d'intervention, voire de responsabilité?
Pas moins qu'en ce qui concerne les zones de lotissement pavillonnaire.

Ces modes d'occupation de l'espace sont-ils des "mal nécessaire" ou plutôt des renoncements successifs, des abandons de responsabilité et de créativité à créer de la ville? Heureusement que nos aïeux n'étaient pas dépourvus de ces qualités car nous serions aujourd'hui bien malheureux de ne pas disposer du cadre prestigieux de nos cités médiévales. Tâchons d'œuvrer pour les générations à venir et de leur laisser un cadre de vie enviable, chaleureux et sécurisé.

Enfin, il nous faudra nous inscrire dans une dynamique de Pays, en coordination avec les secteurs voisins en termes d'itinéraires routiers et sans doute reprendre le dossier du contournement de la ville, si nous ne voulons  
sans cesse être contraint aux inconvénients d'un transit perturbant toutes les réflexions concourant à un mieux-vivre urbain.
(1) Sans oublier que demain il faudra aussi s'occuper de trouver une affectation à la Gendarmerie - ses nouveaux locaux devant bien finir par être réalisés - et à la Poste - depuis que le tri qui occupait une partie de ses étages a été transféré à Bretenoux. Deux bâtiments structurants du centre de la ville dont on ne peut penser qu'ils seraient détruits pour y réaliser à la place... des parkings!!
(2) A noter qu'une telle étude a déjà été réalisée par le Pact Habitat et Développement pour le compte de la Communauté de Communes (2005-2006) répertoriant : 320 logements vacants sans compter les logements indécents et insalubres (!?!), et notant que le parc de logements à loyers modérés ne représentait que 5% du parc locatif total (!).
Proposant un plan d'action modéré et progressif, cette étude relevait que la précédente OPAH (Opération Programmée d'Amélioration de l'Habitat) avait permis de rénover 193 logements, générant un chiffre de travaux de 4,2 millions (de F?), subventionnés pour près d' 1 million (de F?), le coût pour la Communauté de Communes ayant été de 162 000F (?), 16 dossiers ayant été subventionnés pour un montant de 19000 (F?).
Et bien la décision du Conseil Communautaire a été : dans la mesure où ces travaux sont subventionnés par l'ANAH (Agence Nationale d'Amélioration de l'Habitat, abondée par la cotisation au droit de bail notament) même si aucune Opération n'est mise en place... de ne pas donner suite à la mission du Pact Habitat et Développement !!
Circulez, il n'y a rien à voir...
publié dans : PROJET URBANISME, CADRE DE VIE ET ENVIRONNEMENT
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